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« Ce serait tellement plus simple si le monde était noir et blanc. D'un côté les gentils, de l'autre les méchants. On aurait pas toutes ces questions existentielles qui pourrissent notre vie et celles des autres. »

« Ce serait tellement plus simple si le monde était noir et blanc. D’un côté les gentils, de l’autre les méchants. On aurait pas toutes ces questions existentielles qui pourrissent notre vie et celles des autres. »
« J'ai tellement de choses à dire, mais comme d'habitude je sais pas par où commencer.
Tant d'émotions que je refoule sans cesse. Des émotions si intenses que j'arrive pas à les identifier. Des fois, j'ai même des crises de panique ; je me mets à trembler, mes épaules s'agitent convulsivement, j'ai l'impression que ma poitrine va exploser, tandis que je pleure sans arriver à m'arrêter. Alors je m'assois sur mon lit, j'enroule mes bras autour de mes genoux et j'attends que ça passe. Ca me fait peur. Chaque crise est plus importante que la précédente ; jusqu'où ça va me mener ? Peut-être qu'il faut que j'expulse tout ça, que je vomisse définitivement ce tourbillon d'émotions qui s'agite dans mon corps. La question est : Comment ? Est-ce que c'est compréhensible ce que je dis là, au moins ? Je n'ai jamais été très douée pour exprimer mes sentiments. De plus, ceux-ci commencent à me rendre folle ces derniers temps... C'est tellement le bordel dans ma tête j'arrive même plus à réfléchir correctement!
De temps en temps, j'essaie de leur en parler. Elles*, elles m'écouteront, comme elles m'ont toujours écouté. Mais au moment où je les* vois, je n'ai plus qu'une envie, c'est de ne plus penser à tout ça. Oublier. Déconner comme si rien ne s'était passé. Oublier juste le temps d'un rire. Et puis je veux pas les embêter avec mes histoires d'adolescente. On a toutes ce genre de problèmes à notre âge, nan ? Ce serait égoïste de ma part de les emmerder avec ça, d'autant plus que j'ai pas de problèmes concrets. Tout est dans ma tête. Parfois je me demande si je suis pas un peu dépressive de nature. C'est vrai, j'ai tout pour être heureuse. Et moi, ingrate que je suis, je trouve le moyen de déprimer... Je peux vraiment être égocentrique. C'que je me hais. Ah putain, des fois je me dis que tout le monde serait plus content si j'étais morte et enterrée. Oh, peut-être qu'on sera un peu triste au début, et puis on m'oubliera vite. Comme tant de gens l'ont déjà fait. C'est pas si difficile d'oublier une fille comme moi !
Vous savez, je dis ça sans amertume. Je m'y suis résignée et je comprends tout à fait. Même moi je serais plus heureuse morte. C'est simple, je peux pas me blairer. Moi, fabriquée de faux-semblants et d'hypocrisie lâche, asociable, et qui ne vis que pour moi et pour moi seule. Ma psychologue m'a dit un jour que je ressens tout multiplié par dix, autrement dit que je suis extrêmement sensible. Et si ce n'est pas justement la sensibilité qui me fait défaut? Cela expliquerait ma jalousie excessive, jalousie inutile puisque j'ai déjà tout. Je jalouse le talent des autres, chose dont je n'ai pas hérité et qui m'empêche littéralement de vivre parce qu'à cause de ça je n'arrive pas à me démarquer des autres et ça me rend malade. Je jalouse les autres que je soupçonne de vouloir m'enlever mes amis ; j'ai tellement peur de les perdre, si vous saviez ! Je suis tant banale, des fois je me demande pourquoi ils restent avec moi. Si je pouvais je les enfermerais, pour qu'ils restent à jamais avec moi. Effrayant hein ? D'autant plus que j'ai de plus en plus de mal à cacher cette jalousie possessive. Parce que l'année prochaine, je serais seule. Toute seule. Vous pouvez pas imaginer à quel point ça m'angoisse. Alors je veux profiter au maximum de mon année en classe de 3A au collège Notre-Dame de la Montagne, je veux pouvoir m'en souvenir quand je serais vieille et fripée et me dire que c'était vraiment une belle année. Mais je me rends compte que je gâche tout, à vouloir immortaliser le moindre instant.
Et puis il y a mon égoïsme maladif. Quand mes amis vont mal, je ne pense qu'à moi. Il n'y a qu'à voir mon ex, lui que j'étais persuadée d'aimer profondément, comment je l'ai traité. Suis-je seulement capable d'aimer ? J'en doute de plus en plus. Finalement, tout ça est complètement contradictoire. Je suis une égocentrique qui se méprise. Pathétique n'est-ce pas ? Je ne mérite vraiment pas mes amis, ma famille, tous ceux qui me soutiennent.
Comment est-ce qu'on est censé terminer un texte comme ça ? Je n'ai jamais été très douée pour les fins. Ni pour les débuts. Ni pour grand-chose, d'ailleurs =) »

# Posté le lundi 26 janvier 2009 14:00

Modifié le vendredi 22 mai 2009 05:42

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